
Article *** (fait référence à des notions financières)
«Parce que les Banques Centrales les plus puissantes mettent tout en œuvre pour maintenir les rémunérations des actifs peu risqués à des niveaux très bas, les investisseurs doivent revenir vers les risqués et en particulier vers les marchés actions. Mais la gestion en bon père de famille, en se concentrant sur la sélection de valeurs avec un horizon de long terme, n’est plus à même de protéger le capital en cas de turbulences. Les investisseurs doivent adopter les deux autres piliers d’une bonne gestion : l’allocation (construire un portefeuille tout terrain, qui intègre des positions short, permettant de gagner lors de la baisse des actions) et le market timing.»
Explications de Marie Quantier :
En 2013, la lutte contre l’augmentation des déficits publics sera plus que jamais d’actualité. Les États ont intérêt à séduire les marchés financiers pour emprunter à moindres frais et ainsi ne pas voir leur dette exploser. Nous avons vu, récemment, la France emprunter à 2% sur 10 ans, chiffre exceptionnellement bas. Cela s’explique en partie par les transferts d’investissements traditionnellement alloués aux pays « dits » risqués : l’Espagne ou la Grèce vers des pays relativement moins risqués comme l’Allemagne ou la France. En effet, même si la France n’est pas perçue comme un pays sûr par tous les investisseurs, la qualité relative de sa dette par rapport à celle de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie ou de la Grèce a présenté jusque-là une alternative. On peut donc parler de «relative flight to quality» pour le cas de la France. A cela s’ajoute, l’action de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui s’est lancée dans une politique depuis l’été qui peut s’apparenter à du «Quantitative Easing». Le VLTRO depuis 2008 pour refinancer les banques européennes, le MES depuis 2012 pour aider les États européens et surtout les déclarations de Mario Draghi, le président de la banque centrale européenne, cet été, de financer directement la dette des États en échange de réformes structurelles, en sont les principaux éléments. Le «Quantitative Easing» est une politique monétaire qui a pour but d’imprimer de nouveaux billets pour racheter une quantité déterminée d’emprunts que les autres investisseurs pensent ne pas pouvoir se faire rembourser. Cela revient à injecter de la monnaie dans l’économie pour relancer l’activité. Or, cet afflux de monnaie supplémentaire dans l’économie renforce la pression à la baisse sur tous les taux d’intérêt de la zone euro. L’offre de monnaie devient supérieure à la demande, ce qui tire les taux d’emprunt à la baisse. Ces taux, maintenus à des niveaux faibles, limitent la rémunération des investisseurs. Les actifs faiblement risqués, comme les emprunts d’État, sont donc faiblement rémunérés.
Or, les emprunts d’État sont habituellement la référence en termes d’actifs financiers dits «peu risqués». En effet, ceux-ci ne présentent pas ou peu de risque de défaut, car la Banque Centrale peut toujours imprimer de la monnaie pour faire face à ses échéances de remboursement. En revanche, ces actifs peuvent subir le risque d’inflation, c’est-à-dire une dévalorisation du capital prêté par la hausse des prix qui ne serait pas compensée par les intérêts perçus. Leur rémunération des bons d’États autour de 2% présume du rendement maximal que l’on peut obtenir pour des actifs faiblement risqués. Par conséquent, il n’est pas possible, à l’heure actuelle, de trouver des actifs réellement sans risque et rémunérés à plus de 2%. En d’autres mots, les actifs dits sans risque offrant une rémunération de plus de 2% présentent des risques cachés.
Par conséquent, pour obtenir de ses investissements un rendement supérieur à 2%, il est indispensable de se tourner vers des actifs plus risqués comme les actions. A titre d’illustration, une exposition « acheteuse » sur le SP500 rapporte 5% par an en moyenne sur 10 ans, de même pour l’Eurostoxx50 qui offre 3% en moyenne. Cependant, cette gestion en « bon père de famille » qui revient à acheter des actions sans s’en préoccuper à court terme, n’est pas suffisante pour éviter les pertes en capital en cas de retournement et de chute des cours comme ce fut le cas récemment en mai 2010, été 2011 ou au printemps 2012.
Dans ces situations de baisse des cours, il est donc important de respecter les règles fondamentales de l’allocation d’actifs.
La première règle à respecter est celle de la diversification en termes géographique et sectorielle. En effet, les cours des actions par secteur géographique peuvent ne pas évoluer dans le même sens. A titre d’illustration, l’indice MSCI AC EUROPE, qui représente les valeurs des entreprises en Europe, a perdu près de 1% en 3 ans alors que l’indice MSCI AC AMERICAS, qui représente les valeurs des entreprises en Amérique, a augmenté de 7%. Il en va de même pour les différents secteurs industriels, sur un an, le secteur des biens de consommation durable dans le monde a perdu plus de 11% alors que celui des médias a gagné 30%.
La deuxième règle d’investissement revient à diversifier son portefeuille sur différentes classes d’actifs. Il convient alors d’investir dans différents types de titres comme les actions, les obligations, les titres monétaires ou des fonds spécialisés. En effet, en cas de turbulences ou d’euphorie, les actions évoluent toutes dans le même sens et les obligations jouent un rôle de refuge (« flight-to-quality »). Ce principe est à respecter pour diversifier au mieux son portefeuille. Cependant, ce conseil est à relativiser ces derniers temps. En effet, après 5 années de crises, les valeurs refuges comme les obligations d’État allemand, l’or ou le franc suisse se sont beaucoup renchéris et offrent désormais un faible potentiel de protection de son capital. A titre d’illustration, le taux d’intérêt du Bund allemand est tombé à son plus bas à 1,3%, présageant une remontée prochaine et donc une baisse de sa valeur (définition obligation)
Pour améliorer encore son portefeuille, la troisième règle que Delphine Arnaud nous conseille de suivre est d’aller plus loin dans la diversification en protégeant à la baisse son portefeuille par des positions «short» ou «vendeuses». La position «short» ou de vente à découvert permet de vendre aujourd’hui un titre sur le marché boursier en anticipant sa baisse, et de le racheter plus tard moins cher, afin de réaliser une plus-value. Il est donc judicieux d’intégrer, dans son portefeuille, des fonds de type long/short qui parient sur des valeurs à la hausse ainsi qu’à la baisse. Cela permet d’obtenir un rendement sur l’appréciation d’un titre par rapport à un autre quelle que soit la direction que prend le marché (haussier ou baissier). En effet, en cas de baisse du marché en général, une valeur vendue à découvert vient compenser la perte sur les actions achetées.
En outre, pour avoir une position « vendeuse », il est possible de vendre des titres via le service de règlement différé (SRD), utiliser les CFD, ou encore acquérir des produits dérivés, comme les options ou warrants puts. Ces produits financiers permettent de se protéger contre la baisse du marché. Ce sont, cependant, des produits complexes qui nécessitent une certaine expertise. Le plus aisé reste par conséquent d’investir dans des ETF « short » ou alors de déléguer ces transactions à des gérants spécialistes (fonds Long/Short actions). C’est en effet un métier qui nécessite une gestion des risques particulière.
Enfin, dernier principe à respecter, le «market timing». Ce dernier est l’étude des prix, des volumes et des données économiques dans le but d’anticiper la direction que va prendre le marché et ainsi de pouvoir acheter ou vendre au bon moment. Un portefeuille doit donc être flexible, s’investir rapidement et ainsi profiter des hausses mais aussi se désinvestir rapidement lors des retournements. L’analyse d’indicateurs financiers pertinents permet de fournir des signaux d’achat ou de vente. L’indicateur MQ de courage des marchés est un des indicateurs que nous avons créés et que nous utilisons chez Marie Quantier par exemple.